Janvier - Février 2013

En ce début d’année 2013 le gouvernement a lancé une démarche de transition énergétique pour présenter un texte législatif sur le sujet en Octobre. C’est une opportunité pour faire un point sur ce que l’on sait, ce que l’on dit et ce que l’on fait pour faire face aux effets du réchauffement climatique et à la restriction des énergies fossiles dans notre pays.


Voir en ligne : Pour vous tenir informés :

Janvier, février 2013 : le gouvernement initialise le débat sur la transition énergétique. Pour rappel, le précédent gouvernement avait tenu les "Grenelle " de l’environnement (2007, 2009), aux conclusions très prometteuses mais- crise aidant (?)- aux promesses peu concluantes !
Ces débats réunissent des représentants de tous les corps constitués (politiques, syndicats, associations...) et sont animés par des experts : très bien ! Normal que toute action soit précédée par la bonne parole. Mais après tous ces colloques et discours, où en sommes-nous réellement ?
Je vous propose de faire un tour rapide de ce qu’on sait, de ce qui se dit et de ce qui se fait. Restera à chacun, pour sa sphère d’influence, de faire bouger les lignes sans attendre que le voisin ait fait sa part. Entendre, comprendre, copier les bonnes pratiques : c’est bien ; mais le mimétisme a ses limites, il est temps de prendre nos responsabilités et d’agir.

Ce qu’on sait :

La consommation d’énergie mondiale 2011 a été de 8,4 milliards de Tep (tonnes d’équivalent pétrole), dont 168 millions pour la France. En 8 ans cette consommation a cru de +40%.
En France, comment se consomme cette énergie :
- 44% par le résidentiel (chauffage, climatisation, appareils électriques...)
- 32% en transports
- 21% pour l’industrie
- 3% pour l’agriculture.

Quelle est l’origine de cette énergie :
- 43% : pétrole
- 24% : électricité (dont 75% d’origine nucléaire)
- 21% : gaz
- 9% : énergies renouvelables.
- 4% : charbon

Cette consommation croissante d’énergie (dûe à l’évolution de la démographie mondiale) a au moins deux effets :
- émission de gaz à effet de serre (GES) conduisant à un changement climatique déjà perceptible ;
- épuisement des ressources en énergies fossiles : le pic de production pétrolière est atteint. Désormais la ressource disponible ne peut que s’amenuiser.
Ces constats connus depuis plus de vingt ans ont conduit à la définition de plusieurs objectifs (plus ou moins partagés depuis Kyoto, Rio, Copenhague et en passant par Grenelle pour ce qui concerne la France).
- 20% de réduction des émissions de GES avant 2020
- 20% de réduction de notre consommation d’énergie
- 20% de production en énergie renouvelable.

Leurs enjeux concernent les 3 piliers du développement durable :
- écologique : par la réduction des GES ;
- économique : par la réduction de nos dépenses ;
- social : par la réduction de notre dépendance facteur de notre dette extérieure et par la maîtrise de la précarité énergétique.

En ce début 2013, la progression vers ces objectifs connaît des succès divers. Par exemple, les entreprises de moins de 500 personnes devaient faire leur Bilan carbone et établir leur plan de réduction des émissions de GES pour fin 2012. A cette date moins de 50% des entreprises concernées ont réalisé leur diagnostic !
La bonne nouvelle est que celles qui ont initialisé cette démarche obtiennent des résultats prometteurs :
- réduction de leurs coûts,
- amélioration sociale et meilleure image perçue par les clients,
- réduction des déplacements professionnels,
- éco-conception engendrant innovation et nouveaux clients...

Ce qu’on dit.

L’attente de solutions par les énergies renouvelables est très forte. C’est très séduisant de penser qu’on pourrait remplacer pétrole, gaz, charbon...voire nucléaire par des énergies renouvelables. Mais il faut se rendre à l’évidence : c’est économiquement et même physiquement impossible (en tous cas en l’état de nos connaissances actuelles). Quelques exemples :
- biocarburants : posent la question de la balance de l’utilisation des terres agricoles ? Où met-on le curseur entre régler les problèmes de nutrition et les problèmes d’énergie ?
- photovoltaïque : coût très élevé et rendement moyen. Activité profitant essentiellement à l’industrie chinoise.
- éolien : intéressant mais très limité (coût, intermittence...). On ne peut espérer passer de moins de 1% à quelques dizaines de % de la production en peu de temps !
- recyclage des déchets : un gros effort à faire pour passer industriellement aux actes. La population a du mal à suivre les recommandations de tri, par ailleurs confuses.
- nucléaire : a-t-on vraiment les moyens de nous en passer ? Est-on réellement prêts à ce choix de société, car c’en est un. Renforçons la sécurité, bien sûr, mais cessons de vouloir tout et son contraire.Réduire considérablement la production mondiale d’énergie c’est accepter une décroissance généralisée....

Tout cela représente beaucoup d’interrogations. La transition énergétique n’est rien moins que le passage d’une société à la consommation abondante d’énergie fossile à une société plus sobre. C’est probablement une opportunité porteuse d’activité économique (isolation des bâtiments, innovations techniques, transports...) donc d’emplois.
Pour cela il faut se mettre en marche, en action.

Ce qu’on fait.

Alors que le constat :
- changement climatique,
- raréfaction des ressources fossiles
est partagé par le plus grand nombre, que les solutions :
- réduction des consommations de matière et d’énergie,
- exploitation maximale des ressources renouvelables,
- augmentation de la durabilité des produits et recyclage,
sont peu discutables, le changement ne s’opère pas. En tous cas, pas à la vitesse en rapport avec l’imminence et l’importance des conséquences.

Ces problèmes sont planétaires : changement climatique et raréfaction des ressources fossiles concernent tout le monde. Mais il n’y a aucune instance mondiale audible par le patchwork d’ Etats, Nations, Royaumes, Républiques, Emirats...qui sont les décisionnaires de notre Terre. Allons nous attendre la mise en place d’une gouvernance mondiale pour nous mettre en marche ?

Pour mobiliser il faut motiver. Il appartient à ceux qui sont déjà convaincus de montrer le chemin aux autres, d’expliquer, de démontrer que la transition énergétique est incontournable pour :
- réduire notre dépendance,
- rendre la vie supportable par nos enfants,
- générer de l’emploi dans un contexte de croissance nulle pour de nombreuses années.

Demandons à nos gouvernants de mettre en place :
- un dispositif réglementaire clair, sous-tendu par une fiscalité (pénalisante et/ou incitative) lisible et non changeante, puisqu’il faut bien admettre que ce sont les seuls leviers efficaces de notre société.
- un programme éducatif intense : peut-être serons-nous enclins à céder à la parole de nos enfants puisque nous sommes sourds à la voix de notre conscience ?
Mais, par dessus tout, cessons d’attendre et mettons nous en marche. Que chacun, chaque entreprise identifie sa contribution possible et en informe le reste de sa communauté. Pour mesurer nos progrès, il est essentiel d’évaluer et de visualiser dans une vitrine commune. Il est bien connu qu’on ne fait que ce qu’on mesure. Quel indicateur utiliser ?

Le premier pas de cette marche consiste à connaître le Bilan Carbone des activités que l’on pratique. En identifiant ses émissions de GES on découvre que TOUTE activité humaine en est génératrice. il est alors possible d’établir un plan d’actions pour les réduire. Plus nous serons nombreux à le faire et à le faire connaître, plus la réduction des GES pourra se faire, puis se voir.

En cette période de crise et d’absence de vision de nos dirigeants, nous tenons là une chance unique de devenir les leaders de cette compétence, générant les emplois qui nous manquent tellement, réduisant fortement notre balance commerciale et apportant le sourire aux lèvres de nos enfants !

Alors, on commence quand ?

P.-S.

MRCO est habilité à réaliser le Bilan Carbone estampillé ABC (Association Bilan Carbone, issu de l’ADEME) et à accompagner les PME dans leur plan de réduction des Gaz à Effet de Serre.
Contact : michel.ruel@mrco.fr


YAKINO
audience en temps réel
real time audience measurement